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Verdun, veillée d'armes !

Verdun, veillée d’armes !

 

Le rôle joué par Verdun durant la Grande Guerre, se révèle important dès le début du conflit. Ce rôle devient décisif en 1916 et reste capital jusqu’au 11 novembre 1918. Les premières menaces sur le secteur de Verdun, hérissé de forts et d’ouvrages ont lieu dans les premiers jours de septembre 1914. L’ennemi fait pression sur les deux flancs de la place forte mais hésite à l’attaquer au centre. Une opération de tenaille est lancée, encercler Verdun ferait sauter ce verrou. Mais les Français opposent une sérieuse résistance. Le franchissement de la Meuse par les Allemands serait catastrophique et heureusement deux forts résistent héroïquement, celui de Génicourt et celui de Troyon. (Un parent, tout juste 20 ans était dans le fort de Troyon). L’ennemi essaye alors de contourner l’obstacle plus au sud en attaquant St Mihiel, les combats sont acharnés, les pertes sont énormes de chaque côté, Alain Fournier, auteur du Grand Meaulnes est tué aux environs des Eparges. A force de harcèlement, l’ennemi parvient à franchir la Meuse mais il ne va pas bien  loin. Assez toutefois pour tenir la voie ferrée Commercy-Verdun, les lignes de chemin de fer avaient une grande importance lors de cette guerre, l’ennemi dispose d’un réseau bien structuré ayant conquis le nord de la Lorraine.

 

A partir de demain, 21 février, jour anniversaire du déclenchement de la grande bataille de Verdun, je retracerai cette péripétie, à partir de souvenirs oraux recueillis auprès de mon grand-père Paulin, et de récits historiques. Si la chronologie historique est évidemment respectée, anecdotes et divers faits ne sont pas toujours à leur place et j’ai romancé certains passages.  J’ai eu la chance d’avoir un grand-père érudit et doté d’une excellente mémoire, ses souvenirs de guerre étaient intacts jusqu’à sa disparition en 1969. J’ai aussi le souvenir des traces physiques et morales qu’avaient laissé la Grande Guerre dans ma région et dans mon entourage. Mon village natal de l'Argonne a été complètement détruit, situé à une dizaine de kilomètres du front, il a reçu, pendant les quatre années de conflit, des tonnes et des tonnes d’obus. L’objectif visé, la ligne de chemin de fer reliant Châlons-sur-Marne et Verdun qui a cet endroit faisait une courbe vers le nord. La bataille d’Argonne qui n’a jamais connu de répit était justement alimentée par la convoitise de l’ennemi pour cet axe capital. J’ai donc vécu mon enfance dans ce contexte, les maisons avaient été reconstruites, mais subsistaient quelques baraquements qui avaient servi à reloger la population après l’armistice, plusieurs étaient encore habités. Les prés étaient truffés de trous d’obus, bien utiles pour se cacher. Ils se remplissaient d’eau en hiver, une eau qui souvent gelait et se transformait en patinoire. Deux grands oncles avaient été tués, l’un dans les premiers jours de la guerre. Plusieurs voisins rescapés gardaient des séquelles, l’un avait été gazé, l’autre avait la « gueule cassée » (terme employé à l’époque où on appelait un chat un chat).  

 



20/02/2010
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